Je vais dire autre chose : quel sens y a-t-il à rester vivant si tout s'oublie si vite ? Si rien ne reste en nous plus de quelques secondes ? Nés après la cassure, nous ne sommes plus que des fantômes arpentant des fragments. Oui, nous marchons parmi ces fragments et rien ne reste en nous, tout disparaît, tout passe, de sorte que si nous vivons c'est uniquement parce que nous ne sommes pas encore morts.
Antoine Wauters, Moi, Marthes et les autres