Que se passe-t-il à l’instant de la mort ? Lorsqu’un homme meurt, le corps est enveloppé dans un tapis et enterré. Ce qui arrive ensuite, c’est que le corps se décompose.
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Malgré tout ce qui a été dit précédemment, à savoir que tout est fini avec la mort, il ressort peu à peu qu’il nous est donné une sorte de vie après la mort et que ce qui vit encore de l’individu porte le nom de letengo. Prié de décrire un letengo, l’informateur répond que celui-ci ressemble à une personne, mais qu’il est plus petit, tout juste 50 cm de haut. Un letengo marche comme un homme, mais dégage une odeur fétide. Au bout de quelques temps, il disparaît généralement.
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Chez les Bongo, par contre, nous avons constaté village après village, que l'on enterrait les morts au cœur de la forêt, généralement au-delà de plusieurs cours d'eau, et qu'on ne retournait jamais, tout au moins jadis, à la tombe. Et cela ne suffisait pas ; on prenait en outre toutes sortes de précautions ; on recommandait au mort de s'en aller pour toujours, de ne jamais revenir à son ancien village. On n'avait même pas confiance en sa bonne volonté de se soumettre au désir des vivants. Parmi les autres mesures destinées à empêcher le mort de revenir, on mettait un morceau de tronc d'arbre, avec des branches pointant de tous les côtés, sur le sentier, tout près de la tombe, pour barrer effectivement la route.
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Ce sont les mauvais [morts] qui deviennent bidzuru. Ces bidzuru demeurent dans la forêt, ils sont tout petits, ils ont le corps poilu comme des animaux et marchent à quatre pattes. Ils dégagent une odeur nauséabonde, comme de viande pourrie ou de fourmi mukutuyu.
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À la séparation d'avec le mort, [certains Bongo] adoptent toutefois une attitude carrément négative. On prend congé de lui par ces mots : « Maintenant que tu es mort, il ne faut pas que tu reviennes chez nous. »
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Tous les morts ne deviennent pas matengo. Les uns deviennent bafu kale (morts dans le temps ?). Ils demeurent dans la forêt. Ceux qui sont morts récemment vivent près des villages des vivants. Ceux qui sont morts depuis longtemps, vivent au cœur de la forêt. Il faut crier très fort lorsqu'on les appelle pour qu'ils vous entendent.
Efraim Andersson, Les Bongo-Rimba