En classe, depuis l'âge de 3 ans, il est noté par l'institutrice comme très paresseux, très turbulent, très sale. Chez lui, il n'est affectueux avec personne, ne peut pas supporter ses frères plus jeunes, il frappait son frère mourant avec un bâton ; quand on lui dit qu'il était mort, il répondit que cela lui était bien égal. Quand son frère de 12 ans ( placé à Théophile-Roussel) vient en congé, il lui dit : « Qu'est-ce que tu viens faire ici ? Ce n'est pas ta place. »
Il aime battre les animaux, il garde l'argent que sa mère lui donne pour faire des commissions, pour s'acheter des bonbons qu'il mange avec une gloutonnerie extrême, et pour restituer l'argent, mendie dans les rues. Il se plaint à des étrangers (voisins, fournis­seurs) de mauvais traitements que lui infligeraient ses parents. Trois plaintes ont été portées ainsi devant le Procureur de la République, une fois il est venu se plaindre lui-même au commissa­riat. Coléreux et violent, il a menacé d'un couteau sa grand-mère. Il vole des œufs chez les épiciers entraînant son frère de 5 ans, prend de l'argent dans le porte-monnaie de sa mère et avec cet argent achète des bonbons. À l'âge de 5 ans, en sortant de l'école, va se promener, et trouvé errant dans les rues est amené à 9 heures du soir au commissariat, où on lui demande s'il a faim ; il répond tranquillement qu'il veut des gâteaux et des bonbons.
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Pierre 16 ans : père et mère éthyliques très violents – délaissants leurs enfants – déchus de leurs droits. (…) À 13 ans trauma crânien : état comateux durant 3/4 d'heure, 8 jours plus tard accès syncopal, puis épisodes similaires qui bientôt rétrocèdent spontanément. Depuis lors : troubles comateux, étourdissements, picotement oculaire et clignotement par fort ensoleillement. Révulsion oculaire par flash photographique. Absences épisodiques, une crise convulsive récente. E.E.G. vers 13 ans 1/2, anomalies proches du type petit mal. Exacerbation des troubles caractériels : instabilité, colères furieuses quand on s'oppose à ses exigences. Vols d'argent et d'objets divers au domicile familial ou lors de visites familiales chez des parents. Vols exécutés avec une habileté étonnante. Il cache ses larcins dans l'appartement de sa mère mais si adroitement qu'il oublie la cachette et ne peut la retrouver. Lors de périodes de remords il fouille l'appartement avec la mère, extirpe le butin, la mère le rend au propriétaire ou en fait don à une œuvre. Mais il y a toujours un reste qu'il ne retrouve pas ou fait semblant de ne pas retrouver.
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Annette 18 ans. Lourde hérédité : grand-mère présentant une psychose maniaco-dépressive. Le grand-père maternel s'est pendu. Le père s'est pendu par panique lors des bombardements. Première enfance : une crise convulsive à un an. À 4 ans assiste à la mort de son père devant elle et sa mère. Pendant longtemps n'a pas voulu croire à sa mort, imaginait qu'il ressusciterait. Troubles caractériels, colères, vive anxiété dès qu'elle est séparée de sa mère. De 4 ans à 8 ans en internat qui est mal supporté. Triste elle voulait retourner chez sa mère. L'enfant est reprise à 8 ans, puis remise dans un autre internat. Apparition de troubles du caractère de plus en plus graves. Indiscipline, revendications. À 13 ans première fugue pour revenir chez sa mère. De 13 à 17 ans fugues de plus en plus nombreuses toujours pour revenir chez sa mère. Appels multiples à la police, maison de redressement. Violents troubles caractériels. Caractère commun des jours précédant les fugues : exacerbation des troubles caractériels, céphalées tension continuelle. Ne pensait qu'à fuguer pour retourner chez sa mère. E.E.G. à 15 et 17 ans : anomalies du type grand mal. Mariage à 17 ans, habite chez sa mère, normalisation du comportement. À 18 ans au moment de l'accouchement une épiphysiotomie déclenche des crises convulsives. Depuis, calme, Pas de crises, mais nonchalante, négligeant son ménage et sa fillette. Persistance de troubles électro-encéphalographiques. Anomalies paroxystiques photo-sensibles suspectes. Céphalées bitemporales.
Guy Néron, L'enfant fugueur