That's how a day starts: light the fire, get dressed, sit in front of the fire. Sweep up, coffee, morning Madeira, wind the clock, brush your teeth, have a look at the boat, measure the height of the water. Cut firewood, worktime Madeira. Then comes the main body of the day. Not till sundown do the rituals begin again. Sundown Madeira, take in the flag, see to the slop-pail, light the lamp, food. Then comes the whole evening. Every day must be written up before dark, including the height of the water, the direction of the wind and the temperature, and the shopping list on the doorpost: new batteries, stockings but not knitted, all kinds of vegetables, embrocation, spare glass shade for lamp, saw-blade, butter, Madeira, sheer-pins for the propeller.
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“Explosion” is a beautiful word and a very big one. Later I learned others, the kind you can whisper only when you’re alone. “Inexorable”. “Ornamentation”. “Profile”. “Catastrophic”. “Electrical”. “District Nurse”.
They get bigger and bigger if you say them over and over again. You whisper and whisper and let the world grow until nothing exists except the word.
Tove Jansson, “The squirrel” (tr. Silvester Mazzarella) / “The Dark” (tr. Kingsley Hart), A Winter Book

Mats répara la fenêtre et l'écoulement des eaux. Il déblaya la neige, coupa du bois et alluma de grands feux dans les jolis poêles de faïence d'Anna. Mais le plus souvent, il ne venait que pour emprunter des livres. Une amitié précautionneuse, presque timide, débuta entre Anna et Mats. Ils ne parlaient que de leurs livres, de récits où les mêmes héros revenaient d'un livre à l'autre, ils en discutaient et, sans plus de précisions, pouvaient parler de Jack ou de Tom ou de Jane qui venait se comporter comme ceci ou comme cela, en une sorte de commérage inoffensif sur des connaissances. Ils critiquaient ou portaient aux nues, poussaient les hauts cris et vivaient intensément les fins heureuses avec leur lot égal d'héritages, de mariages et de disparitions des traîtres. Anna redécouvrait les livres qu'elle avait déjà lus et avait l'impression de posséder un grand cercle d'amis qui vivaient tous plus ou moins dangereusement. Son humeur devint plus gaie. Quand Mats passait le soir, ils buvaient le thé en lisant et en parlant de leurs livres. Si Katri entrait, ils se taisaient et attendaient qu'elle fût ressortie. On entendait le portillon de la cour se refermer, Katri rentrait chez elle.
Anna demanda :
– Est-ce que ta sœur lit nos livres ?
– Non. Elle lit de la littérature.
Tove Jansson, L'honnête tricheuse (tr. Marc de Gouvenain)