Est-ce que je pense beaucoup à Sybille ?
Je dirais que je ne le sais pas, je n’y réfléchis pas, mais en fait je ne l’ai pas oubliée un seul instant. C’est comme si je n’avais jamais vécu sans elle. Rien ne nous lie, mais je suis imprégné de sa présence, il m’est arrivé de me souvenir de l’odeur de sa peau ou de sa respiration et c’est comme si je la tenais encore dans mes bras le temps d’une danse, ou comme si elle était assise à mes côtés et qu’il me suffise d’étendre la main pour la toucher.
Annemarie Schwarzenbach, Nouvelle lyrique (tr. Emmanuelle Cotté)