Un homme instruit, même médiocrement, à l’époque prégaliléenne, a l’habitude de voir le monde à travers le savoir d’Aristote incorporé à la théologie catholique. Il se représente le mouvement d’un mobile comme déterminé, non par le point et l’instant du départ et par la vitesse mais par le terme et le lieu d’arrivée vers quoi le dirige une sorte d’appétit. Il voit dans le mouvement des choses terrestres une sorte de maladie passagère qui les écarte de leur état physiologique, le repos.
Georges Canguilhem, Études d’histoire et de philosophie des sciences