Vraiment elle aime ce chat, à l'avoir vu, connu ainsi douze ans de suite, tenu et caressé, portant sa nourriture le matin avant qu'on soit levé, ôtant ses tiques entre deux ongles comme entre humains on ne fait plus, le soulevant de terre pour l'amener à hauteur de la poitrine tandis qu'il, tordu, tête coincée, arrière écarté, se secoue, sa fourrure et son odeur chaude caractéristique, caractéristique des chats qu'on renifle ensuite, le touché plastique et rebondi du dessous des pattes en trèfle, et les yeux vert pelouse, vert pistache, vert laitue sans paupière mobile, ce chat, couché sur le côté ne peut pas tomber, flairant précis tout ce qui est dans la Création, voilà pour une fois que Création veut dire et la préposition dans est un grand ensemble, ce chat qui part quand on approche, qui court quand on avance, qui s'aplatit comme une carpette aplatissant son foie peut-être pour passer sous une porte ou qui se retourne en plein vol, son cri : il miaule, s'accroche par les griffes, rétractiles, aux troncs pour ou non y monter, les gencives roses, le poids qu'il prend, se poussant à sa circonférence de quelques centimètres.