Bergk enseigne un véritable « art de lire ». Cet art exige tout un entraînement, y compris physique. Il ne faut pas lire après avoir mangé. Il ne faut pas lire debout. Mais pour bien entamer un livre, il faut se laver la figure avec de l'eau froide puis, si possible, l'emporter au-dehors, pour le lire dans la nature, à haute voix ; car le son de la voix facilite la pénétration des idées. L'essentiel pour Bergk, c'est un comportement actif : on doit s'investir dans la matière imprimée, la maîtriser, et la rapporter à ce qui vous concerne dans votre vie personnelle. « Nous devons rapporter tout ce que nous lisons à notre “moi” et ne jamais perdre de vue la considération que l'étude nous rend plus libre et indépendant et qu'elle donne libre cours à l'expression de notre esprit et de notre cœur. »
Robert Darnton, « La lecture rousseauiste et un lecteur “ordinaire” au XVIIIe siècle »
(Roger Chartier, Pratiques de la lecture)