Nous avons tous observé le sommeil de certains voyageurs. Ils arrivent à s'endormir « dignement » en appuyant la tête dans le coin ou dans l'angle prévu du compartiment. Souvent les mains croisées tiennent encore le livre qu'ils avaient en lecture. Ils sont en sommeil lent.
Le temps passe ; voici le dormeur qui « s'effondre », bouche ouverte, bras ballants, sur l'épaule de son voisin ou de sa voisine. Les convenances mondaines ne comptent plus ; il est excusé d'avance : il est entré dans le R.E.M., le sommeil rapide. À son réveil, seul son livre sera tombé, aux pages froissées dans la chute, en restera le témoin.
Jeannette Bouton, Bons et mauvais dormeurs

L'an 1951, pendant une excursion dans la région de l'Archensee sur les Alpes (Tirol), je vis, le long du chemin que je parcourais, un arbre déraciné par un orage. Une partie de ses racines s'étendait en haut et une de ces racines représentait d'une façon surprenante, la Saint Vierge avec l'Enfant Jésus dans les bras. J'en fus touché et avec moi en furent touchées d'admiration toutes les personnes qui m'accompagnaient. Malheureusement je n'avais aucun outil pour détacher cette merveilleuse plastique naturelle. Il n'y avait pas là dans le voisinage de maisons de campagne où j'aurais pu me le faire donner. Le désir de m'emparer de cette racine devint peu à peu si brûlant qu'un beau jour je décidai de retourner « tout équipé » à la même place où je l'avais vu. Est-ce que je me trompais de chemin ou même pendant ce temps l'arbre avait-il été emporté ? J'avais beau chercher, je n'arrivai plus à le retrouver. Je demeurai comme celui qui a éprouvé une perte irréparable.
Depuis ce jour je n'entreprenais plus des excursions ou des promenades au milieu de la nature, sans l'escorte d'une petite scie. Je m'habituais cependant à observer non seulement le panorama, mais aussi les petits objets que je rencontrais sur mon chemin : branches d'arbre, broussailles, racines, morceaux de bois. C'est ainsi que j'ai commencé mon recueil de plastiques naturelles.
Le premier jour c'était la tête d'un animal, le deuxième une figure humaine, le troisième un serpent, le quatrième un oiseau, le cinquième une figure de chevreuil, etc. L'an 1955, justement le dernier jour de mes vacances en Carinthie, je trouvais sur le Görlitzen, au-dessus de la « Kanzel », une pièce d'une valeur exceptionnelle : une magnifique tête de Dante ressemblant de façon extraordinaire au « Dante » de Raphaël. (…)
Un beau jour sur le Patscherkofel (Tirol, 1953), j'allais remuer de mon pied sur le sentier que je parcourais deux grosses branches et j'allais les jeter dans le ravin qui s'ouvrait en aval du sentier, quand je m'arrêtais à temps : les deux extrémités les plus minces des deux branches représentaient, l'une la Vierge et l'autre Saint Joseph.




Mario Andreis, Une Sainte Crèche en morceaux de bois bruts 
(Brochure trouvée à l'université Loránd Eötvös, Budapest)

Nous aurons besoin de bas de nylon bien propres que nous couperons en carrés de 15 cm x 15 cm. Nous tremperons les œufs dans de l'eau et nous les laverons bien propres. Nous cueillerons de petites feuilles (p. ex. celles de mauvaises herbes, de plantes vertes).
Mode de préparation : nous mouillerons les feuilles choisies et nous les plaquerons sur les œufs. Nous mettrons l'œuf au milieu du morceau de nylon dont nous remonterons les coins et les attacherons bien pour le coller contre l'œuf. Nous mettrons dans une casserole un fond de pelures d'oignons sèches, une couche d'œufs ainsi préparés, nous répéterons ces couches en couvrant le tout par des pelures d'oignon. Nous remplirons la casserole d'eau froide, nous porterons l'eau à l'éboullition et ferons cuire les œufs pendant 15-20 minutes. Pendant la cuisson, le colorant contenu dans la pelure d'oignon se dégagera et teindra les œufs en un joli rouge brunâtre. Une fois les œufs refroidis, nous pourrons enlever « l'emballage ». À notre grande surprise, les œufs ne sont pas teints sous les feuilles, ainsi leurs empreintes blanches ou jaunes décorent joliment nos œufs de Pâques.
Monoriné Rohlik Erzsébet, Œufs de Pâques à force magique
(Brochure trouvée à l'université Loránd Eötvös, Budapest)

Cadix, d’abord, si tu veux, le premier flash, tu ouvres la porte, tu as un couloir qui fait quinze mètres de long sur deux et demi de large, tu vois, alors tu as ce couloir qui est sans fenêtre, que dalle, c’est souterrain, tu as une ampoule au plafond qui pend et qui éclaire le milieu, le fond du couloir c’est tout noir, l’entrée, pareil. Sur un côté, tu as toute une rangée de plumards superposés, comme un train, tu vois, ça fait comme ça, des wagons qui se suivent, et de l’autre côté, tu as des tables de nuit, et entre, tu as un passage où une fille peut passer mais pas deux, tu vois. Alors bon, voilà déjà le décor de l’endroit, tu vois, les murs verdâtres, tout souterrain, avec une odeur qui pue, naturellement, c’est pas aéré, tu vois, c’est souterrain. Bon alors, ça c’est le décor. Alors, tu rentres là-dedans, tu vois, et tu vois une quinzaine de filles, complètement folles, complètement hystériques, tu vois, qui sont là, enfin, je sais pas, et alors, on rentre là-dedans, tu vois, et alors, voilà ce qu’on voit. Un endroit où y’a pas d’air, y’a pas de soleil, y’a pas de jour, y’a pas de nuit non plus parce que la nuit on éteint seulement la lumière, tu vois ? Et il faut qu’on passe X mois là-dedans, tu vois ? Bon, alors ça, c’est Cadix, c’est la prison de Cadix. Tu rentres là-dedans, et il faut que tu te démerdes, si tu veux pas devenir fou, tu dois trouver la solution pour survivre là-dedans, tu vois. Alors bon, naturellement, le premier jour, c’est évident que tu trouves pas la solution parce que c’est tellement laid, bon, tu vois, tu fais que assumer le fait de penser que tu vas vivre vraiment là-dedans, alors que t’as que dalle, enfin je veux dire, c’est un endroit qui est pas fait pour les humains, c’est même pas fait pour des cucarachas, tu vois. Et alors après, il faut gagner son territoire, là-dedans, tu vois, enfin nous, c’est comme ça qu’on l’a vécu. (…) Donc on a grignoté un petit coin au fond du couloir, on s’est installé une couverture par terre, on a découpé dans des journaux plein de photos, des photos d’arbres, des couchers de soleil, des photos de la mer, des animaux, et on a collé ça sur les murs, tu vois. Et on bougeait plus, on était là, on mangeait assises sur nos lits parce que y’a avait pas de place de toute manière pour bouffer ailleurs, tu vois, tout le monde bouffait sur le rebord de son lit, et du matin jusqu’au soir, donc, on végétait dans cette ambiance-là.
« Scènes de la vie carcérale (1/5) », Les nuits de France Culture

Written sources often give information about events, ownership conditions, economic transactions and decisions, as well as throwing light on the people involved and when something happened. Historians analyse and interpret written documents, attempt to ascertain for what purpose they came into existence and whether they are genuine. Many written documents have been destroyed by fires.
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Those who lived in the town in those days would have heard the creaking of carts, the neighing of horses, the barking of dogs and the sound of church bells. People were used to the stench of the rubbish thrown out into the streets, as well as latrines and manure. And then there was the smoke and soot from hearths and forges, the pungent sensation of hides being prepared in the tanneries, the smell of offal being cooked, and burnt porridge, but also the scent of fresh thyme and sage, rosewater and lavender. Nobody gave much thought to complaining of the smell of sweat and other bodily odours.
Musée du Moyen Âge, Stockholm

Est considéré comme en état de divagation tout chien qui, en dehors d’une action de chasse ou de la garde ou de la protection du troupeau, n’est plus sous la surveillance effective de son maître, se trouve hors de portée de voix de celui-ci ou de tout instrument sonore permettant son rappel, ou qui est éloigné de son propriétaire ou de la personne qui en est responsable d’une distance dépassant cent mètres. Tout chien abandonné, livré à son seul instinct, est en état de divagation, sauf s’il participait à une action de chasse et qu’il est démontré que son propriétaire ne s’est pas abstenu de tout entreprendre pour le retrouver et le récupérer, y compris après la fin de l’action de chasse.
« La divagation des chiens » (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage)




The tone is set on the Thursday with Weiberfastnacht (the Women's Carnival) when wives lord it over their husband and their friends' husbands, dancing and playing with whom they choose, and nobody knows or worries who beneath the masks and costumes is married to whom... Even if someone felt like blushing, you wouldn't be able to tell under all the clown make-up... Sunday it's the kids' turn to parade through the streets. Rosenmontag (Rose Monday) brings the biggest procession of all, with hundreds of elaborate floats displaying papiermâché masks of popular and unpopular political figures in invariably undignified postures.
Cities of Europe, Berlitz Guides