Les rêves étranges, les apparitions ne suffisent pas à qualifier un individu à devenir chamane. La ruine de la famille, les maladies, les fugues, les morts, les accidents, les malheurs répétés sont des péripéties donnant des signes tangibles de l’appel. La vocation est authentifiée par le fait que c’est non seulement pour un individu, mais aussi pour sa famille, le “dernier chemin” possible, la dernière voie praticable. Alors, la famille et les individus qui la composent n’ont plus de face à sauver. La survie de la famille dépend de l’acceptation de la vocation chamanique par l’un de ses membres.
Alexandre Guillemoz, « Une jeune chamane de Séoul » (Cahiers d’études coréennes, 5)