So, my dear viewers, we have arrived at the reel that is Chapter Four.
Sorry that, uh… nothing much, nothing extraordinary has so far happened in this movie. Nothing much extra-ordinary. It’s all… very… simple… daily… activities… life. No… drama. No great climaxes, tension, what will happen next. Actually, the titles in this movie tell you right there what’s going to happen.
I guess, by now you have noticed that I… do not… like any suspense. I want you to know exactly, or at least approximately, what’s coming, what’s happening. Though, again, as you have noticed, nothing much is happening anyway.
So let’s continue, let's continue and see, maybe something will happen. Maybe. If not, forgive me, dear viewers. If nothing happens, let’s continue anyway. That’s how life is. Ha ha! It’s always more of the same. Always more of the same. One day follows another, one second follows another second.
Jonas Mekas, As I Was Moving Ahead Occasionally I Saw Brief Glimpses of Beauty

Dragunas a été saoul le premier, et il allait de tous côtés en embrassant tout et tout le monde – hommes, femmes, minéraux et végétaux. Il a soulevé Stikliute, la femme-montagne, et l'a portée tout autour de la salle comme si elle ne pesait rien. Vladas a commencé à s'en prendre à Algis. Il lui a dit qu'il était mon âme damnée, qu'il me fourvoyait en me tentant avec une littérature décadente. Ensuite, il s'est tourné vers moi et m'a infligé un long sermon au cours duquel il m'a ordonné de renoncer au modernisme sous toutes ses formes et de retourner au classicisme et à la vie rurale. Puis il est allé danser.
Tard dans la nuit l'ivresse de la danse est retombée. Nous nous sommes assis et avons discuté. Vladas s'est à nouveau lancé dans une discussion orageuse, avec Beleckas. Ils en sont à parler de vaisseaux, d'Aristote et de Spinoza. Algis, Stikliute et Dragūnas se disputent au sujet des bourses d'études, Zita Case tente de me convaincre que la vie n'est que tristesse, et que tous nos rêves seront bientôt réduits à néant. Son mari est américain, me dit-elle, et il n'est pas du tout comme elle se l'imaginait. Juška, pour essayer de lui changer les idées, lui parle du sens de la vie en des termes hautement philosophiques et abstraits [...]. Šilbajoris écoute attentivement tout en souriant derrière ses lunettes embuées, semblable à Bouddha. Puis nous chantons (ou braillons, pour être exact), et Krasauskas et sa grosse copine entonnent un duo...
Jonas Mekas, Je n'avais nulle part où aller (trad. Jean-Luc Mengus)