Il connaissait maintenant tous les coins et les recoins de cet espace clos. Il prêtait attention aux allées et venues de la lumière sur la montagne et savait de mieux en mieux distinguer les différentes nuances de couleurs selon les heures du jour ou selon que les nuages se déplaçaient plus ou moins vite sur le fond pâle du ciel. Ou alors, assis sous le soleil de midi, ou encore après que l'astre avait décliné derrière le bord de la montagne, il tendait l'oreille, quêtant à travers l'air immobile le son de la petite cloche de la Hul, car dans l'île on n'entendait en effet ni la moindre horloge ni le moindre tintement de cloches (…).
Adalbert Stifter, L'homme sans postérité (tr. Georges-Arthur Goldschmidt)