La technique du sténopé me permet de photographier, en quelque sorte, « sans moi » : pas de maîtrise ni de contrôle, mais beaucoup d’imprévu et de hasard. N’agissant pas par la volonté et laissant agir tous les événements tels qu’ils sont, chaque chose est libre d’être, telle qu’elle dans sa naturalité. De même qu’il faut un « sans monde » (Chaos) pour que le monde se réalise, il faut qu’il y ait un « sans moi » pour que le moi se réalise. (…) J’aime la « stupidité » de la camera obscura. Elle est confuse, sans jugement, et les erreurs sont toujours les bienvenues. Le véritable sens ne se trouve-t-il pas dans le carrefour de la confusion ? La véritable vision est la vue « sans la vue » ; le véritable son est le son « sans le son ». (…) J’aime photographier le paysage dans la nature. Pendant le temps de pose, relativement long, je peux me promener ou aller chercher des champignons. En fait, le paysage n’existe plus dans mes photographies. Comme le silence, il se supprime lui-même. Mes photographies sont le résultat d’une infinité d’incidents inconnus de lumières et de temps.
Kim Soun-gui, Monographie II

Le disciple demande :
Où est le Bouddha ?
Le maître lui répond,
L’eau est dans la bouteille,
Le mickey est chez Disneyland.
Kim Soun-gui, « Où est le Bouddha ? », Nuages paresseux