Even when alone with him, I have never been able to get a sense of his personality. It is almost as if he didn’t have one. What struck me most of all in him was a sort of resignation. He seemed to have little desire to assert himself, and at the same time he had a certain tenacious resistance to being ordered around all the time. Yet he bore the others no ill will that I could detect.
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The Fulani do not appear to believe that the ground is dirty. Children not only pick up things from the ground and put them in their mouths, as we have seen, but they eat dirt itself. Parents see this as perfectly normal. What must be avoided, on the other hand, is food coming from the wrong people (…).
Paul Riesman, First find your child a good mother. The construction of self in two African communities

L’euphémisme le plus courant pour dire « aller à la selle » c’est yaade ladde (« aller en brousse »), et si quelqu’un veut indiquer qu’il a besoin de le faire, il dit : ladde am wari (« Ma brousse est venue »).
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Cherchant à savoir, comme il le ferait dans sa propre société, qui va avec qui, qui est l’époux ou l’épouse de qui, le voyageur se trouve désemparé devant le manque, total à ses yeux, de signes publics qu’un mariage existe entre tel homme et telle femme. Il pourrait même se trouver avec un mari et sa femme en même temps, au puits par exemple, sans s’apercevoir de leur relation, car leur comportement ne témoignera d’aucune considération spéciale l’un à l’égard de l’autre. Si, enfin, le voyageur essaie de demander à quelqu’un le nom de son époux, on lui répondra avec un rire confus : « Je ne sais pas », ou bien on ne répondra pas du tout.
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L’aspect rituel de l’échange est souligné, d’abord, non seulement par l’invariance des formules, mais encore par le ton sur lequel celles-ci sont dites. On ne prononce pas ces phrases comme on prononcerait celles d’une conversation normale. La voix est plus tendue et plus chantante. Souvent, on parle beaucoup plus lentement, en particulier avec les gens qu’on voit tous les jours. Parfois on parle très bas et très vite, de sorte que les deux partis parlent presque en même temps en posant leurs questions sans attendre la réponse de l’autre.
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[Les formules de salutation permettent] aux gens de se parler, parfois assez longuement, sans rien dire du tout. (…) D’une part, il peut arriver qu’un homme veuille parler à quelqu’un, c’est-à-dire entrer en communication avec lui, mais qu’il n’ait rien à lui dire sur le plan sémantique. D’autre part, du point de vue de celui qui écoute, il n’est pas nécessaire de prêter attention au sens de ce qui est dit. Les paroles deviennent pour ainsi dire un prétexte et un véhicule pour la voix, et on peut porter toute son attention sur celle-ci pour tenter de déceler l’état d’âme de l’autre et pour se former une impression de son caractère si on ne le connaît pas encore. (…) Même en dehors de la situation de salutation, les gens s’écoutent les uns les autres très attentivement pour saisir les nuances de la voix de leurs interlocuteurs, souvent aux dépens du sens de leurs paroles. Cela est particulièrement remarquable lorsqu’il s’agit de quelqu’un de l’extérieur ; même si celui-ci parle peul, il aura besoin d’un interprète pour faire comprendre ses idées, car lorsqu’il parle lui-même les gens écouteront moins ses paroles que sa voix, afin de comprendre qui il est, le but réel qu’il cherche, et son attitude profonde à leur égard.
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Un autre élément qui souligne l’importance des salutations pour les Djelgôbé est la valeur que ceux-ci attachent à une réponse immédiate. Lorsque quelqu’un vous salue il faut tout de suite laisser ce que vous êtes en train de faire pour lui répondre. Rien ne doit être plus important que la réponse. (…) Dès qu’il paraissait aux gens que je pouvais parler le peul, il me semblait que mon entourage s’irritait contre moi chaque fois que j’étais lent à répondre à la salutation de quelqu’un. Si quelqu’un me saluait et que je ne répondais pas immédiatement, on me disait, assez sèchement : « Réponds, Paul, quelqu’un te salue. » Or, dans bien des cas je ne m’en étais même pas aperçu. Cela arrivait souvent, par exemple, lorsque j’étais avec un groupe de gens et que j’étais absorbé dans une discussion avec eux ou à observer ce qu’ils faisaient. Je ne remarquais pas l’arrivée de quelqu’un d’autre et, lorsque celui-ci me saluait je ne l’entendais pas. En fait, au lieu de parler fort pour attirer mon attention, ceux qui me saluaient tendaient à parler très bas, et il ne m’était pas toujours évident qu’ils s’adressaient à moi plutôt qu’à un autre membre du groupe. J’avais parfois l’impression qu’ils voulaient me faire deviner qu’ils me saluaient.
Paul Riesman, Société et liberté chez les Peuls Djelgôbé de Haute-Volta